Tchad: l’accès à l’eau est un obstacle à l’urbanisation de la ville d’Abéché.

La ville d’Abéché, aujourd’hui deuxième ville du Tchad, a connu un très sérieux problème d’eau entre 1980 et 1994. La ville allait devenir une « ville fantôme » à la suite de manque d’eau, mais grâce aux efforts conjugués du gouvernement Tchadien et de la Coopération Allemande, elle est aujourd’hui sauvée. Un forage à 35 km de la ville alimente deux châteaux d’eau, desservant 46 bornes fontaines réparties dans la ville, et permet l’alimentation en eau potable les habitants de la ville.

Cependant, le problème n’est pas tout à fait résolu. A l’origine, cette station de pompage construite en 1994 devait alimenter une ville de 50 000 personnes. Mais la population grandit de plus en plus vite à Abéché, ainsi que la demande en eau. Pire encore les installations tombent en panne de temps en temps.

« Le forage installé à Bitéha (35 Km d’Abéché) qui alimentait la ville d’Abéché a été endommagé par les eaux de pluies depuis le vendredi 17 août 2012. Depuis lors, la population consomme et continue à consommer l’eau des puits et de mares, ce qui pourrait causer certaines maladies diarrhéiques et même le choléra si cette eau est consommée sans être traitée, étant donné que la plupart des puits sont ouverts.

L’eau est devenue de plus en plus rare et inaccessible malgré sa qualité non potable. Le pouce-pouce contenant 10 bidons de 20 litres qui se vendait à 300 francs se vend aujourd’hui à 750 francs, voire 2000 francs dans certains quartiers éloignés des puits. »  Rapporte le blog “Toumaï Actu”.

Par ailleur  mai 2016, Africa Info publie un article intitulé « la ville d’Abéché paralysée par une grave pénurie d’eau ». Dans cet article, le journal a publié quelques témoignages de  la population locale.

« Le problème d’eau dans la ville d’Abéché est une réalité. Si chaque jour votre robinet ne coule pas, ça veut dire qu’il y a un problème d’eau. Si vous pouvez avoir de l’eau après deux jours, ça veut dire qu’il y a un problème. Il faut attendre plus de deux heures devant un point d’adduction d’eau pour espérer avoir un bidon de 25 litres. Le bidon de 25 litres est vendu à 500 francs CFA, alors que dans les conditions normales il devrait coûter 25 francs, a expliqué M. Mahamat. »

Aussi depuis 2008, la ville d’Abéché a accueillit plus d’étudiants des quatre coins du pays, après la ville de N’Djaména. Elle demeure aussi une ville stratégique pour certains organismes; ce qui a un impact remarquable sur l’urbanisation de la ville. Or l’approvisionnement en eau potable de la ville est conçu pour 50 000 à 65 000 personnes.

Alors, à mon avis, le fait que la ville soit approvisionnée par un site qui se trouve à des kilomètres, explique clairement la fragilité de la ville. Elle est très facile pour une prise d’otage, ce qui me pousse à revenir sur la pensée de certaines habitants de la ville d’Abéché concernant la crise de l’eau.

« A Abéché il y’a plusieurs personnes qui pensent que la crise d’eau, est une punition collective orchestrée par le pouvoir en place, à cause disent-elles de la proximité des habitants de la ville avec l’opposition » Rapporte “Africa Info”.

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