Tchad : le projet “ceinture verte” est un échec, comment réparer ?

En 2008, le Tchad entre en action pour le plan de la muraille verte de l’Afrique, il lance la semaine nationale de l’arbre (la ceinture verte). Elle consiste à planter des arbres pour stopper l’avancée du désert. Aux alentours de la ville de N’Djaména, 26.267 plants de toutes espèces confondues sont mis en terre sur une superficie de 48 hectares.

Huit ans après, le Ministre de l’Environnement vient annoncer l’échec du projet: « Le Ministre de l’Environnement et de la Pêche Brah Mahamat a fait une visite inopinée hier à la ceinture verte de Gaoui et au site de reboisement de Djarmaya. L’objectif est de s’enquérir de l’évolution de ces deux structures. “C’est un constat d’échec” dit le Ministre après sa visite. Les réalisations ne sont pas à l’attente de la demande. C’est une mise en scène, chaque année des milliards sont perdus pour la lutte contre l’avancée du désert. Il est temps de mettre fin à cette mascarade, indique Brah Mahamat. » rapporte  le journal Tchadinfo.

Selon l’Office National de la Radio et de TéléVision (ONRTV), le Tchad a dépensé 12 milliards de Francs CFA en 5 ans, pour le projet de la ceinture verte. A mon avis, c’est cette somme qui nous a conduits directement à l’échec. Chez nous, quand il y a de l’argent en jeu quelque part, c’est mauvais signe. Tout le monde veut être au premier rang pour profiter de l’occasion. C’est exactement ce qui s’est passé.

Savez-vous comment ils ont procédé pour ce projet ? Ils ont fait toute l’installation du site (forage d’eau, pépinière…). Pour la plantation, ils ont impliqué tout le monde (lycéens, écoliers, étudiants, travailleurs…) dans ce qu’ils ont appelé “la semaine nationale de l’arbre”. Tout personne volontaire désirant s’impliquer dans le projet, se rendait sur le site pour planter un arbre. Ensuite ils ont employé les villageois des villages voisins du site, pour l’entretien des plantes. Chaque employé a reçu une somme de 60.000 F cfa par mois, qui est un équivalent d’environ 100 euros.

Si on me demandait mon avis ou si on me le demande encore aujourd’hui, sur comment réussir un tel projet, j’aurais surement des idées qui pourraient être excellentes. Cependant, ces idées pourraient ne pas plaire à tout le monde, s’ils n’y trouvent pas d’intérêt personnel. Moi, à leur place, j’irais sensibiliser les villages voisins de la zone cible. Je les convaincrai par tous les moyens, pour qu’il reconnaissent qu’il y a un danger auquel ils vont faire face, et que c’est à eux de combattre ce danger, avec l’appui du gouvernement bien sûr. Aussi, je leur donnerais trois choses, s’ils s’engagent à préserver l’environnement à travers ce projet, un château d’eau, un lycée, un hôpital par village.

Au Tchad, si vous proposez ces trois choses pour un village, vous aurez leur allégeance. Ainsi, vous n’aurez plus besoin des agents pour faire le suivi et vous rendre compte, mais c’est le chef du village qui vous rendra compte. Et lorsqu’une autorité traditionnel s’engage avec toute sa volonté, c’est tout le village qui le suivra. Il est la personnalité la plus respectée et écoutée chez moi.

L’autre solution, c’est de distribuer des terrains aux bailleurs de fonds, pour de l’exploitation forestière. Nous savons tous qu’un entrepreneur ne laissera jamais son argent bouffé par les termites, il le préservera par tous les moyens, tel est le cas de l’entrepreneur Tchadien.

Depuis une décennie, les bailleurs Tchadiens se bousculent autour du business du jardinage. Chaque grand commerçant bien connu a au moins un jardin, certains ont deux et même trois plantations de fruits telles que les manguiers, citronniers,… ce qui est à l’origine de l’inflation de prix des terrains agricoles. Alors, s’il s’agit d’obtenir des terrains d’exploitation gratuits, je pense que nous aurons d’autres candidats qui vont se lancer dans ledit business. Et plus nous aurons des jardins, plus nous aurons un monde vert.

Je pense que si le Gouvernement arrive à adopter une telle stratégie, nous ferons d’une pierre deux coups: La croissance économique, et la préservation de l’environnement.

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